Quelles sont les conséquences de l’attaque des États-Unis contre le Venezuela pour Cuba?

L’année 2026 venait à peine de commencer qu’il était déjà temps pour la première intervention militaire de l’année. Un bombardement sur Caracas a donné le ton. Le président vénézuélien Maduro a été enlevé et transféré dans une prison à New York. Lors des attaques, 32 Cubains ont également perdu la vie, tous membres du personnel de sécurité actifs au Venezuela.

L’attaque des États-Unis contre le Venezuela montre que les États-Unis poursuivent leur politique de coups d’État et d’interventions militaires en Amérique latine, sans aucun respect pour le droit international.

Les conséquences pour le Venezuela sont déjà évidentes : 100 morts, d’importants dégâts matériels – notamment la destruction d’un entrepôt contenant du matériel de dialyse destiné aux patients souffrant de maladies rénales – et la destruction de plusieurs immeubles d’habitation. De plus, un président a été enlevé et se trouve désormais menacé par la justice américaine sur la base d’accusations mensongères.

Moins médiatisées, mais tout aussi importantes, sont les conséquences directes pour Cuba. L’attaque contre Caracas était également une attaque directe contre Cuba, et ce pour les raisons suivantes :

Lors de l’enlèvement du président vénézuélien Maduro, 32 Cubains ont été tués, principalement des membres du personnel du ministère cubain de l’Intérieur, ainsi que plusieurs soldats cubains directement chargés de la sécurité du président. Ils ont été neutralisés par des unités d’élite américaines qui, avec une supériorité écrasante et une violence brutale, ont submergé la protection de Maduro.

Cuba dispose par ailleurs d’un accord pour l’approvisionnement en pétrole bon marché en provenance du Venezuela. L’île en dépend fortement, notamment pour son approvisionnement énergétique. Dans ce contexte, le détournement de plusieurs pétroliers dans la mer des Caraïbes prend toute son importance. Au moins l’un de ces navires faisait route vers Cuba. Le Venezuela fournit pas moins de 25 % du pétrole nécessaire au fonctionnement de Cuba.

Outre l’impact direct des attaques et des détournements, il y a également les menaces renouvelées de l’administration Trump à l’encontre de Cuba :
« Nous allons continuer à étouffer Cuba et le projet cubain finira par s’effondrer de lui-même », telle est l’analyse des faucons de la Maison-Blanche.

Pourtant, certaines leçons transmises par Cuba au projet bolivarien et chaviste vénézuélien ont permis d’éviter le pire. Une invasion à grande échelle par l’armée américaine est rendue impossible par l’armement des milices populaires et par une large structure de défense protégeant la souveraineté du pays latino-américain.

La coopération entre Cuba et le Venezuela a une longue histoire. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Chávez au Venezuela, une collaboration étroite avec Cuba s’est développée. Chávez a hérité d’un pays pauvre, confronté à de graves pénuries dans les domaines de l’éducation et de la santé. En collaboration avec Cuba, il a mis en place plusieurs programmes de santé dans les quartiers populaires de Caracas et bien au-delà. L’un des projets les plus connus fut l’Opération Miracle, un programme qui a permis de guérir des milliers de Vénézuéliens de la cataracte.

Retour à la doctrine Monroe

Les États-Unis considèrent l’ensemble du continent américain comme leur arrière-cour. Et dans cette arrière-cour, aucune alternative au capitalisme néolibéral, avec son marché libre et sa « main invisible », n’est tolérée. C’est aussi l’une des raisons de l’attaque et de l’enlèvement de Maduro. La doctrine Monroe considère même le pétrole extrait dans un pays souverain comme étant « leur » pétrole : un pétrole qui revient aux États-Unis, et à eux seuls. Gare à ceux qui osent remettre en question le système du dollar – toujours dominant dans le commerce pétrolier. Car si ce que le Venezuela a fait, à savoir commercer le pétrole en yuans chinois, venait à être appliqué à plus grande échelle, le système économique dominant des États-Unis se retrouverait en grande difficulté.

Les menaces de Trump et Rubio à l’encontre de Cuba

Encore ce week-end, Trump a jugé nécessaire de s’en prendre une nouvelle fois violemment à Cuba :
« Si Cuba ne conclut pas un accord avec nous, nous la couperons totalement du pétrole et de l’énergie. »

On ne peut pas conclure un accord avec quelqu’un qui vous met un couteau sous la gorge et vous menace. Ce n’est pas de la négociation, c’est du chantage.
On ne peut pas conclure un accord avec un président qui, de sang-froid, a fait massacrer 32 militaires cubains.
On ne peut pas conclure un accord avec les États-Unis, qui imposent depuis plus de 60 ans un blocus économique et financier meurtrier contre l’île.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel n’a pas mâché ses mots et a réagi avec fermeté : il affirme que les États-Unis n’ont rien à dicter à Cuba, car Cuba est une nation libre, pacifique et souveraine. Il déclare que Cuba est prête, si nécessaire, à se battre jusqu’à la dernière goutte de sang.

Par ailleurs, nous savons pertinemment que Cuba n’a pas besoin des États-Unis. Au contraire, c’est aussi ce que l’on entend dans la rue : que les États-Unis commencent par être honnêtes avec eux-mêmes et lèvent le blocus contre notre île.

Cubanismo reste solidaire des peuples de Cuba et du Venezuela, ainsi que de la Révolution cubaine.
Nous appelons l’Europe à condamner ces attaques avec force et sans ambiguïté.

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