Sommet de la CELAC au Mexique

En fin de semaine dernière, le samedi 18 septembre, s’est tenu à Mexico un important sommet intergouvernemental, le 6e sommet de la Communauté des Etats Latino-Américains et Caribéens, la CELAC.

Vous n’en avez pas entendu parler dans nos médias et pourtant la CELAC regroupe tous les états de l’Amérique Latine et des Caraïbes, hors, bien sûr, les départements d’outre-mer français.

C’est une structure très importante, de dialogue, d’échange, de concertation et de coopération entre les états de cette région. Elle a été créée en 2011, lors d’un sommet fondateur, à Caracas. Après un premier sommet au Chili, en 2013, le deuxième sommet en 2014 s’est tenu à La Havane.

33 états en sont membres, représentant près de 600 millions d’habitants et plus de 21 millions de km2.

La CELAC vise à jouer un rôle d’intégration se rapprochant d’une structure comme la Communauté Européenne.

Elle a aussi été créée pour contrer l’OEA (Organisation des Etats d’Amérique), créée en 1948, sous la coupe des Etats-Unis, qui l’utilisent pour asseoir et maintenir leur domination sur cette région. Le siège de l’OEA est à Washington. Comme par hasard, Cuba en a été exclu en 1961.

Deux pays ne participaient pas à ce 6e sommet, le Brésil, qui s’est retiré pour l’instant de la CELAC, en s’alignant sur les Etats-Unis, et la Colombie, actuelle base arrière militaire des Etats-Unis.

Le Président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel, représentait son pays à ce sommet, la présidence pro tempore de la CELAC étant assurée par le Président de la République du pays accueillant, le mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador.

Chaque chef d’état ou représentant est intervenu pendant le sommet, et il faut noter que nombreux ont été ceux qui ont vivement remercié Cuba pour l’aide apportée pour combattre la pandémie.

Le sommet s’est conclu par une déclaration, en 44 articles, approuvée par tous les chefs d’états et représentants présents.

Il a réaffirmé, entre autre, le statut de la région comme zone de paix, comme zone devant d’inscrire dans le désarmement nucléaire. De nombreux articles ont également développé la nécessité de poursuivre l’agenda de la COP21, pour un développement durable et contre le réchauffement climatique, engagements qui doivent se poursuivre avec la prochaine COP26.

Des décisions plutôt progressistes malgré des divergences exprimées par différents états représentés.

Un seul des dirigeants présents, le Président de l’Uruguay, Luis Lacalle, défendant son appartenance à l’OEA, s’est permis d’attaquer Cuba, sur les droits de l’homme et la soi-disant répression de l’opposition.

Miguel Diaz-Canel lui a vertement répondu : « la mention faite à Cuba par le président Lacalle témoigne de sa méconnaissance de la réalité ».

« Le courage et la liberté du peuple cubain ont été démontrés pendant six décennies face à l’agression et au blocus des États-Unis », a également souligné le chef de l’Etat.

Il lui a aussi rappelé qu’il ferait mieux de s’occuper de ce qui se passe dans son pays, où des mesures de répression viennent d’être prises contre plus de 700 000 opposants…

Une déclaration spéciale a aussi été adoptée par la CELAC contre le blocus imposé à Cuba par les Etats-Unis.

Cette position s’ajoute à toutes celles prises récemment pour qu’enfin Cuba retrouve la possibilité d’avoir un développement libre et sans contraintes.

Cubacooperation